Théorie du projet : Cultures constructives

En bref

Format pédagogique

Cours magistral

Semestre

S3 Automne

Équipe enseignante

Objectifs

La théorie est une réflexion sur notre pratique : notre manière de concevoir un projet et de construire un édifice. Depuis Vitruve, elle est écrite par des architectes praticiens. Après Alberti et l’invention de l’imprimerie, elle est aussi dessinée. Elle établit les modèles en montrant ce qui a été, ce qui est, ce qui devrait être. Son propos est réflexif, démonstratif, son objectif est prospectif, prescriptif. Depuis 2000 ans, par filiations intellectuelles ou ruptures, la théorie produit du savoir, construit notre discipline. Comme toute connaissance, elle a vocation à être diffusée, notamment dans l’enseignement. La théorie diffère du discours, doctrinaire et opératoire, nécessaire au projet.

Le cours de théorie n’explicite pas les exercices du studio du semestre correspondant mais transmet la culture architecturale en licence, pour qu’à terme l’étudiant en master puisse développer une position critique, en pensée et en acte, dans le projet. Ainsi, le cours établit le cadre théorique dans lequel s’inscrivent les exercices de projet, en prenant comme entrée thématique la pensée constructive, la relation matière-matériaux-matérialité, autrement dit la poétique de la tectonique. 

Entendu que la matière (première) est ressource, que l’Homme en tire des matériaux (modules) grâce à un premier degré de technicité, que ceux-ci sont mis en œuvre de manière particulière, afin de les transformer en une certaine matérialité, relevant d’une certaine culture. Les étudiants doivent comprendre que le programme n’est pas seul à l’origine de la conception architecturale. L’hypothèse est la même que pour le studio : le choix d’un matériau est un acte fondateur du projet, puisqu’il génère un type de système constructif, donc tels espaces et formes, et qu’il génère une certaine mise en œuvre, donc une matérialité.

Ce cours vise trois objectifs :

  • amener l’étudiant à se constituer une culture élémentaire sur un des courants philosophiques contemporains les plus mobilisés tant par les architectes pour expliquer leurs choix de conceptions que par les critiques et théoriciens pour penser l’architecture et notre rapport aux espaces. 
  • développer un esprit critique et une autonomie de pensée fondée sur des références théoriques et un corpus d’œuvres bâties précis.
  • se mettre en capacité d’étayer une démarche de conception encrée dans la matérialité des lieux et l’expérience du corps sentant.

Contenus

Les notions et concepts étudiés sont systématiquement illustrés par la production écrite et construite d’architectes théoriciens. Bien que la structure ne soit pas chronologique mais thématique, au fil des séances se profile l’évolution conjointe des techniques, des structures ayant permis de passer de la pièce, à l’espace, à la matière habitée (épaisse ou renouvelée/renouvelable ou virtuelle).

La phénoménologie peut aider les architectes à formuler plusieurs enjeux de leurs pratiques. Du détail qui confère une matérialité précise au rebord de la table que je perçois chaque matin au réveil à l’être-au-monde que nous partageons avec nos semblables et définit notre manière d’habiter, c’est la dimension sensible impliquée par l’architecture qui est ici en question. 

À travers la banalité de situations quotidiennes déterminées par nos environnements bâtis, il s’agit de comprendre ce à quoi tiennent les qualités d’un lieu, son « génie », son « atmosphère ». Il s’agit tout autant de comprendre, quelles que soient les qualités de notre environnement, si la disposition matérielle de l’architecture influence notre relation aux autres, cet être-ensemble. Nombre d’architectes convoquent aujourd’hui ces notions pour expliquer leur démarche et ce qu’ils cherchent à atteindre dans les constructions qu’ils conçoivent, nous nous efforcerons de comprendre en quoi.

Le cours se déroulera en une quinzaine de séances. Partant d’une présentation simple de ce qu’est la phénoménologie pour les philosophes et des différents courants qu’elle rassemble, nous aborderons ensuite les grandes problématiques qui concernent les architectes. La notion d’espace, de monde, la relation au lieu, le parcours, ce que signifie habiter, enfin le corps percevant et l’ouverture aux autres seront abordés à travers les pensées de philosophes que nous feront dialoguer tant avec des textes de critiques architecturales que des réalisations d’architectes. 

Dans une dernière partie, nous nous attacherons à comprendre l’évolution du concept de phénoménologie et son utilisation dans la critique et la pratique architecturales contemporaines depuis Colin Rowe, Reyner Banham et Kenneth Frampton.

Modalités détaillées

Modalités d'évaluation

Sur la base d’une fiche de lecture critique à réaliser pendant le semestre et d’un examen écrit de 2h, chacun valant pour 50 % de la note finale.

Travaux requis :

  • Notes de cours, lectures, fiches de lecture critique, bibliographie critique, analyse d’un cas d’étude. 
  • Dans le cadre du S3-TP2 projet : texte expliquant le projet (esquisse de positionnement). 
  • Dans le cadre du S3-TP3 TD TPCAU-STA : texte expliquant les expérimentations et travaux produits. 
  • Dans la perspective du mémoire de fin de Licence : bibliographie critique et/ou fiches de lecture critique.

Supports de cours 

En début de semestre : syllabus & bibliographie (Taïga). 
A chaque cours : diaporama (notions & études de cas) + extraits d’ouvrages, textes, films (Taïga). 
Modèles de prise de notes, de fiche de lecture, de fiche d’analyse (Taïga).