L’architecture confrontée au temps : Flux et métamorphoses de l’espace et de la matière

En bref

Problématiques

  • Prendre soin de l'existant

Format pédagogique

Cours magistral

Semestre

Printemps

Équipe enseignante

Objectifs

  • Maîtriser le vocabulaire et les concepts propres aux projets de transformation de l’espace et de la matière existante
  • Être capable de les inscrire dans un champ théorique et esthétique transdisciplinaire
  • Mobiliser le temps long de l’histoire pour penser le sens des projets de transformation de l’existant au regard des enjeux écologiques de l’époque
  • Renforcer et intensifier une culture architecturale acquise au cours du cycle licence

 

Contenus

La conception à partir d’édifices existants transforme assez radicalement l’approche de l’architecture depuis deux décennies. 

Véritable enjeu pour l’architecture, et au-delà pour les établissements humains, la proposition de nouveaux espaces à partir d’édifices existants, le projet vu comme réparation voire maintenance, invitent à un adossement critique et théorique indispensable pour donner sens à ces mutations rapides de la pratique de conception.

Si la transformation d’édifice existants peut être considérée comme la condition naturelle de l’architecture tout au long de son histoire (cathédrales, châteaux se reconstruisent incessamment sur eux-mêmes depuis des siècles), la longue parenthèse du XXème siècle et du mouvement moderne a éclipsé cette condition élémentaire au profit de la page blanche, motrice d’un renouvellement des formes construites assez spectaculaire, conjointement à l’industrialisation des procédés de construction.

Le XXIème siècle remet la question du temps et de la continuité au cœur des réflexions. Le nouveau millénaire s’accompagne d’une crise de la temporalité : faut-il construire pour durer, ou au contraire pour ne pas laisser de traces ? Penser l’édifice nouveau pour qu’il s’inscrive dans le temps long de l’histoire; ou pour qu’il soit déconstructible de manière aussi évidente qu’il est constructible ?

Cette crise de la temporalité procède d’une autre crise, celle de la ressource : protection des sols, épuisements des ressources pour construire, nous engagent à une approche circulaire :faire avec ce quia déjà été extrait, déjà pensé, déjà édifié. Loin de nous faire baisser les bras, ces crises sont un véritable stimulant pour envisager une nouvelle ère de l’architecture, inventive, créative et enthousiasmante.

Pour ce faire, il convient de doter les étudiant·es d’un solide bagage conceptuel et théorique leur permettant d’étayer leur posture de projet en les inscrivant dans une histoire plus ancienne que la crise actuelle, leur permettant de trouver dans le temps long de l’histoire des adossements, des continuités fertiles pour éviter le vertige de l’inconnu qui nous attend à l’ère de l’anthropocène :

  • Identification des procédures différenciées d’action sur les édifices existants,
  • Doctrines de la conservation et de la transformation,
  • Mémoire des formes et forme de la mémoire,
  • Symbolique du réemploi,

Dispositifs de représentation documentant le flux des transformations de l’existant

Modalités détaillées

Modalités de l’évaluation

Évaluation du carnet de notes (écrites et dessinées) prises dans le temps du cours et augmentées des apports personnels de l’étudiant.

Le détail des séances 

Cours 1 : Réhabiliter, restaurer, rénover, réemployer : la gamme en -ré- de l’architecture

Cours 2 : L’infinie capacité de l’espace architectural à se métamorphoser

Cours 3  : Les cycles de la matière confrontés aux cycles du temps : divergences et confrontations

Cours 4  : Construire pour durer ou construire pour ne pas laisser de traces : la mémoire à l’épreuve de la réversibilité 

Cours 5 : Vers une révolution de la représentation, documenter le flux constant de la matière et de ses transformations dans l’édifice

Cours 6  : Architecture de la transformation, ou la quête d’une esthétique pour l’anthropocène

Les compétences (en fin d’enseignement)

Convoquer les moyens théoriques et pratiques de l’architecte, reconnaître et mobiliser le langage, notre langage, celui qui rassemble les métiers qui gravitent autour de l’acte de construire.