Sébastien Cord
Prendre soin de l’existant
Prendre soin de l’existant
Sébastien Cord
Grégoire Lafarge
Il s’agit à travers une expérience de terrain de mieux connaître la constitution de la ville ancienne, mais aussi d’appréhender, dans un double regard entre préexistence et projet, la capacité à ces tissus issus du temps long à apporter des réponses d’un côté, et à évoluer de l’autre, et selon quelles modalités.
Ce travail d’immersion, d’enquête et de confrontation à une situation concrète reposera sur une série d’outils récurrents dans la discipline architecturale : arpentage, observations, relevés, récolements de données, écoutes, échanges, analyses, diagnostics, allers-retours, hiérarchisation et synthèse, intentions, manipulation, imagination, convocation, réinterprétation, et anticipation.
Ce workshop propose aux étudiants en architecture un temps intensif d’immersion sur site capable in fine d’accumuler de l’expérience dans le champ de l’intervention en site fortement constitué (réhabilitation, restauration, transformation, insertion…). Les temps de restitution des travaux analytiques et d’échanges seront l’occasion de porter voix auprès des différents acteurs et des intéressés institutionnels ou non, pour alimenter une réflexion fine sur la manière d’aborder la question de la ville ancienne et de requestionner les pratiques et les interventions de notre temps.
Cette année, à l’initiative de l’ensa•m, il est prévu d’intégrer dans cet intensif des étudiants de l’ENSP-M et de l’IUAR, futurs urbanistes et paysagistes, pour aller dans logique de l’IMVT et nourrir des regards croisés.
Si la ville ancienne évolue et se maintient sur un temps long, grâce à sa capacité à résister mais aussi à s’adapter au fil du temps à nos attentes, successives, progressives ou brutales, les centres historiques en région PACA, sont pourtant questionnés dans leur capacité à se réadapter face aux enjeux immédiats et aux urgences environnementales.
A l’opposé d’un avis, trop rapide et superficielle, sur le degré d’Obsolescence de la ville ancienne, il est question ici d’investir la profondeur de la matière, des dispositifs spatio-constructifs pour se forger une position objective et prospective, à l’instar du travail sur Arles, protégé au titre du Secteur Sauvegardé et de l’UNESCO, qui concluait à une somme de leviers issus du temps long et ré activables, sous l’intitulé “Le Durable Rétroactif”.
Les étudiants sont amenés à s’immerger dans le centre ancien d’une ville moyenne, à l’instar des villes d’Arles et de Cotignac investie respectivement en 2023 et en 2024, pour saisir les différents enjeux matériels et immatériels immédiats et à venir, en se concentrant sur un ilot associé à un espace public stratégique.
Les investigations s’attachent autant aux problématiques des espaces constitués sur le temps long de l’histoire – bâtis et non bâtis, privés, collectifs, et publics – que sur les questions élargies des qualités du cadre de vie : qualités environnementales et ressources, déplacements, usages et activités, vues, séquences, éclairements, équipements, partages…
Dans une autre ville, celle de La Ciotat a priori, pour cette année, sur un fragment urbain en site ancien, il s’agit donc d’engager une séries d’investigations transcalaires (de la géographie à l’anatomie et la matière constructive), transdisciplinaire (typo-morphologie, topologie, topographie, hydrographie, sociologie, économie, écologie, histoire, construction, structure, conservation, savoir-faire, espaces de projet…), toujours en lien à l’histoire, qui permettront de réinvestir la culture de la ville héritée, la question du soin au sens large, et celle du caractère engagé de l’architecte.
Le rendu de l’intensif comprend la production et la présentation d’un travail collégial et didactique et sa présentation publique aux différentes parties intéressées et parties prenantes : publics intéressés, administrés, élus, UDAP, DRAC, SRA, Associations, services de la ville (urbanisme, archives…), et acteurs (bailleurs). En prolongement, ces restitutions font l’objet d’une publication, pour participer à la diffusion des réflexions et au rayonnement de l’école, mais aussi pour mettre en valeur la discipline architecturale, et, enrichir l’accumulation de connaissances et d’expériences de terrains.
Période d’inter-semestre, soit la 1ère semaine de février habituellement.
Immersion continue sur site d’environ 12 étudiants sur 5 jours en Région PACA, encadrés par une équipe enseignant architectes et paysagistes, pour établir un état des lieux et des amorces de proposition de projet.
Transport et lieux d’hébergement et de travail pris en charge via des conventions École - DRAC - Ville.
Comprendre la ville ancienne
Saisir les enjeux et les opportunités des centres anciens Acquérir des outils - pour observer, relever, analyser, caractériser, diagnostiquer, problématiser - et développer un processus d’investigations et de modalités préalables d’interventions en tissus urbains hérités
ENSP-Marseille et IUAR
Laboratoire INAMA