Carole Lenoble
Carole Lenoble
Muriel Girard
Certains grands projets d’aménagement viennent parfois heurter le quotidien d’habitants de quartiers entiers, entraînant démolitions, expulsions et délogements au nom de l’ «intérêt national » ou de l’« utilité publique ». Des solutions de relogements sont proposés dans d’autres quartiers. Pourtant au fil des années et des générations, des relations de voisinage, d’entraide, de solidarité se sont tissées ; des pratiques d’écologies populaires et de d’économie de subsistances ont donné une épaisseur à cette relation des habitants à leur environnement, autant d’attachements et de gestes du quotidien cultivant des arts d’habiter, sédimentés dans le temps.
Que restera-t-il de ces liens immatériels une fois le quartier en partie démoli ? Comment en tant qu’architectes contribuer à la représentation spatiale de cette mémoire collective ?
L’objectif de cet enseignement est de développer une pédagogie coopérative, c’est à dire socialement ancrée avec et au service d’associations locales afin de faire projet collectivement.
En détournant la formule de Pascal Nicolas-Le Strat à propos des sciences sociales, comment construire une pédagogie d’« utilité collective » et d ‘ « intérêt commun » pour proposer ensuite des projets situés.
L’année dernière, nous avons travaillé sur la cité Bassens 2 dans les quartiers Nord de Marseille, construite entre les années 1963 et 65, et haut lieu de la vie associative locale. Elle sera démolie en 2027 pour faire passer la nouvelle ligne ferroviaire TGV. En lien avec l’association des femmes de Bassens et Paroles Vives, les étudiant.es ont produit une collection de cartographies avec les thématiques suivantes :
Cette année le site n’est pas encore choisi mais il s’agira d’un site de la métropole marseillaise faisant l’objet de fortes transformation urbaines/démolitions.
Une enquête autour des pratiques habitantes et de la mémoire vécue sera menée en coopération avec une association locale et des habitants afin de constituée une archive du futur avant la démolition. Le travail co-produit par les étudiant.es fera l’objet d’une restitution publique sur place.
Enquêtes in situ, dessins, cartographies, relevés, présentation publique.
Contrôle continu, rendu final.
Laboratoire INAMA.