La Valentine
Workshop IMVT - La ville productive
- Workshop
- Workshop IMVT
En bref
Sous la direction de
Suzanne Otto - amU-IUAR
Etienne Ballan - ENSP
Lieu
La Valentine - Marseille 11e
Cursus pédagogiques
Présentation
Enjeux du terrain
C’est lorsque l’autoroute s’écarte de l’Huveaune qu’elle se permet d’étaler sur ses flancs les grands espaces de la « zone commerciale ». Expression impropre : le commerce est bien un acte central de la vie urbaine, mais ici il est réduit à l’acte de la consommation : pas d’échange ou de contrepartie ! on ne croise pas celui qui qui vend, on passe à la caisse… automatique ! La Valentine est une pièce maîtresse de la consommation et de l’emploi dans la métropole. Aussi parce que toutes les échelles s’y croisent, de la boulangerie de bord de route au marchand de matériaux, de la grande surface de bricolage au centre commercial de quarter… Le concessionnaire fait face à la brasserie. Et au-delà du commerce aussi : les bureaux écolos voisinent la prison, l’usine de boissons est à côté de la bastide historique reconvertie en institution sociale… Toute la diversité que promettait la ville centre, La Valentine vous l’offre dans un paysage péri-urbain tellement foisonnant qu’il en paraîtrait dense. Et la touche finale : le village, sa rue longue et ses pavillons alentour, noyés dans le trafic automobile que cette frénésie engendre.
Signe que le système se grippe ? Les marchands jugent que leur modèle ne procure plus le bonheur. Ils constatent surtout des diminutions du chiffre d’affaires, ils ont fini d’automatiser, ils craignent de ne plus donner envie de venir là, au lieu de commander depuis chez soi. C’est le moment pour la zone de se penser en territoire : l’espace était sommé de se conformer, de permettre, de faciliter. Peut-il être autre chose à la Valentine qu’une infrastructure servant une fonction ? Et quand cet espace est rendu, parce qu’une usine s’arrête, ou qu’une enseigne disparaît, que faire de ce foncier, aussitôt devenu un trou dans le damier, voire une friche, stigmate précurseur d’une crise à venir plus profonde ?
Une mutation, en génétique, c’est un accident. Peut-on prévoir l’accident ? Faut-il donner des orientations, dessiner des visions pour un système qui réagit toujours en s’adaptant, jamais en planifiant… Qui comble les trous, terrasse les pentes… Cette économie-là peut-elle produire des qualités pour un habitat, une promenade, une biodiversité ? Les voiries accueillir des pistes cyclables ?
Les entrepôts désaffectés accueillir des gymnases ? Le monstre est-il domptable ?
De la Métropole au quartier : requalifier, franchir, ralentir.
Equipe
Asmae EL ABER / ENSAM - Claudia FIRON / ENSAM - Daniela HIDALGO ARRAZOLA / ENSAM - Ellijah Koulman LACROIX / ENSAM - Eillen LE BOURVELLEC / IUAR - Léo MANESSE / ENSP - Andrea RIEDWEG / ENSAM - Marouchka SANTI / IUAR
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Déconnectée, mal desservie et dominée par la consommation, la zone commerciale de La Valentine révèle un territoire fragmenté. Entre la gare de La Barasse et le noyau villageois, industrie, grandes enseignes et infrastructures routières se juxtaposent sans se rencontrer. La voiture domine, tandis que piétons, transports en commun et nature peinent à trouver leur place. Même l’Huveaune, déplacée et polluée, témoigne de cette transformation où l’infrastructure a pris le pas sur la vie. Face à ce constat, notre projet repose sur une idée simple : ralentir pour reconnecter, reconnecter pour requalifier. L’objectif est de retrouver une échelle humaine et de redonner au territoire une dynamique habitée.Nous proposons ainsi une ligne de tramway en boucle périphérique reliant Les Caillols, Saint-Marcel, La Valentine, les Trois-Lucs et La Rose. Cette ligne devient la colonne vertébrale du projet : elle structure les déplacements, favorise une ville de proximité et repousse la voiture en périphérie.
Autour de ce tracé, le territoire se transforme progressivement : renaturation des berges de l’Huveaune, création d’espaces publics et de franchissements, réorganisation des centres commerciaux et développement d’un habitat mixte actif en rez-de-chaussée. Les espaces libérés accueillent logements, services et équipements. Ainsi, La Valentine se transforme : d’une zone commerciale dominée par la voiture, elle devient un quartier habité, connecté et vivant, marquant une nouvelle entrée de ville pour Marseille.
Au fil du tram
La route est reine, les voitures la couronne
Du gaz d’échappement aux bruits de klaxon,
Le bitume a envahi les champs d’olivier,
D’immenses emprises commerciales à moitié désertées
L’Huveaune, discrète, s’écoule en silence
Polluée et timide elle n’est qu’une présence
Réservée aux industries à son bord,
Sommeille en elle la puissance de l’eau qui dort
Ikea et Auchan dictent le ton,
Leroy dispose et les routes le font
Les entrepôts au garde à vous étonnent
Rêvent à des lendemains où la vie foisonne
Mais les rails s’étalent, les voitures tremblent
La vie s’installe, tout se rassemble
La colonne vertébrale dessert l’ensemble
À la Valentine, plus rien ne ressemble
Les pavés posés, la connexion est faite
Le tramway roule, la ville est en fête,
Jalonnée d’arbres et de pistes cyclables
La Valentine voit son avenir durable
Maître-mot est densité,
Seul moyen de sauver la cité
Rationaliser les équipements et services,
Les rez-de-chaussée eux s’en saisissent
Chemin enclavé sur la route d’Aubagne,
Désormais libéré, on ne s’en éloigne
La Valentine accueille qui veut habiter
L’avenir certain de ce bout de quartier
Des délaissés vers l’enveloppe productive
Equipe
Yousra ABBAS / ENSAM - Giorgia CHICHARRO / ENSAM - Ismaël DAZI / ENSP - Eloïne ERPELDINGER / ENSAM - Cécilia HUMBERT / ENSAM - Seif Eddine MEDJRAB / IUAR - Blandine PERONNET / IUAR - Macha SADOUNI / ENSAM
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Dans les années 1960-1970, Marseille adopte un modèle de développement urbain inspiré des États-Unis, favorisant l’implantation de grandes zones commerciales en périphérie. Pensées pour l’automobile, ces zones reposent sur le principe du strip commercial décrit par Robert Venturi, Denise Scott Brown et Steven Izenour dans Learning from Las Vegas : une architecture visible depuis la route, marquée par des enseignes monumentales, des façades spectaculaires et d’immenses parkings. Ce modèle a durablement façonné des territoires comme La Valentine.
Aujourd’hui, ce système montre ses limites. L’essor du e-commerce, l’évolution des mobilités et la recherche d’espaces urbains plus mixtes fragilisent l’attractivité de ces zones monofonctionnelles. Conçue presque exclusivement pour la voiture, La Valentine souffre d’un manque d’accessibilité piétonne, d’une absence de lieux de convivialité et d’un tissu fragmenté dominé par les infrastructures routières.
Pourtant, ce territoire possède un potentiel important. Les vastes parkings, friches commerciales et espaces interstitiels constituent autant de lisières urbaines susceptibles d’accueillir de nouveaux usages. En y intégrant des mobilités plus douces et des programmes complémentaires — lieux culturels, loisirs, coworking, marchés ou espaces publics — ces espaces résiduels pourraient devenir des supports de transformation.
Notre projet propose ainsi de reconquérir les lisières de La Valentine en réactivant ces marges sous-utilisées. L’objectif est de dépasser la logique de simple consommation pour faire émerger un territoire plus vivant, accessible et mixte, capable d’évoluer vers un véritable lieu de vie au sein de la métropole marseillaise.
Tisser la ville, réconcilier le noyau villageois et la zone commerciale
Equipe
Daniya BAHKOU / IUAR - Sophie GOGUEL / ENSP - Adriani RAMAHAROSON / ENSAM - Inès SARAFIAN / ENSAM - Erwan SERROT / ENSAM -Clément SOUBIELLE / ENSP - Léane SPANNAGEL / IUAR - Davide STROBINO / IUAR
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Notre projet propose la transformation du site du centre commercial Grand V, aujourd’hui en déclin mais situé à un emplacement stratégique : à l’entrée de la zone commerciale de La Valentine, à proximité du noyau villageois et à la jonction des gares de La Barasse et de Saint-Marcel. Il s’organise autour de trois axes stratégiques visant à reconnecter, habiter et produire.
Le premier objectif est de reconnecter le noyau villageois et la zone commerciale par la requalification de l’îlot du Grand V en quartier mixte. Ce nouveau morceau de ville accueillerait des logements, notamment sociaux afin de favoriser la mixité et un parcours résidentiel diversifié. Des commerces de proximité en rez-de-chaussée, des bureaux flexibles, des ateliers artisanaux et des espaces collaboratifs viendraient compléter l’habitat. La bastide existante serait transformée en pôle culturel, tandis que le relief du site permettrait la création d’un parc public équipé, ouvert sur le paysage. En partie basse, un stationnement mutualisé serait associé à des lieux de production tels qu’une recyclerie ou des ateliers.
Le deuxième axe concerne l’amélioration des mobilités avec la création d’un pôle multimodal reliant les gares de La Barasse et de Saint-Marcel. Il s’appuie sur un bus à haut niveau de service, une augmentation de la fréquence des transports en commun et le développement de mobilités actives. La requalification de la D4 en voie métropolitaine accompagnerait cette transformation dans une logique de ville du quart d’heure.
Enfin, le troisième axe vise à ancrer le projet dans son territoire par la création d’une voie verte reliant la gare de Saint-Marcel au nouveau quartier en longeant l’Huveaune. Ce parcours valorise les paysages du Garlaban et des Calanques tout en réhabilitant les berges comme corridor écologique et espace de loisirs.
Ainsi, La Valentine pourrait évoluer vers un quartier vivant, accessible et productif, où qualité de vie et dynamisme économique se renforcent.