Carole Lenoble
Habiter face au risque de la métropolisation : inégalités socio-spatiales
En bref
Problématiques
- Habiter demain et l'accueil des populations fragiles
Format pédagogique
Semestre
Langue étrangère
parlée par les enseignants
Équipe enseignante
Liens avec les autres enseignements
TD exploratoire associé à l’atelier : « Eco-fictions du futur » Séminaire « Territoires, transition et biorégionalisme. Penser le devenir du littoral méditerranéen à l’heure du nouveau régime climatique ».
CM de Master « Écologie des territoires. Histoire, théories et dynamiques multiscalaires ».
Studio Habiter face au risque de la métropolisation, Printemps - sans chaînage obligatoire
Séminaire Nommer les êtres, nommer les lieux - sans chaînage obligatoire
Option S6 Constituer les archives de la démolition à venir, Représentations spatiales des mémoires habitantes, sur la cité Bassens
Intensif printemps S8 « Construire en matériaux de réemploi »
Objectifs
La dynamique de métropolisation – production standardisée et néolibérale de la ville – engendre des vulnérabilités et donc des risques résidentiels, environnementaux et démocratiques (DEBOULET 2022) : mal-logement voire délogement, inégalités socio-spatiales, non prise en compte du vivant et des éco- systèmes, mise à l’écart dans les prises de décisions des premiers concernés et des plus vulnérables (habitants des quartiers populaires, personnes migrantes, habitants des squats et des bidonvilles, enfants...).
Le studio « Habiter face au risque de la métropolisation » propose de travailler sur des quartiers de la métropole marseillaise faisant l’objet de projets de renouvellement urbain (Air Bel, Font-Vert, Bassens, Encagnane).
L’ANRU (Agence Nationale de Renouvellement Urbain) est de plus en plus critiquée par les réponses parfois hors-sols qu’elle apporte et les démolitions qu’elle engendre (aberration aussi bien sociale, économique qu’écologique) à l’heure des différentes crises que nous traversons.
Face à cette manière de faire la ville par destruction créatrice, nous proposons de poser un autre regard sur ces quartiers stigmatisés en regardant la ville « à partir d’en bas » (COLLECTIF ROSA BONHEUR 2019) et en établissant un diagnostic partagé avec celles et ceux qui l’habitent : économies de la subsistance, pratiques d’écologie populaire, lien d’entraides et de voisinages, compétences habitantes. Puis nous étudierons de manière critique les projets de renouvellent urbain en cours pour proposer ensuite des projets endogènes au territoire, qui prennent soin de l’existant au sens large, à l’écoute des besoins réels du quartier.
Contenus
Le semestre commencera avec une marche des terres agricoles de Sainte Marthe aux Cités de la Busserine (Rénovation Urbaine terminée) et de Font Vert pour comprendre les liens (ou l’absence de liens) entre géographie, paysage, aménagement urbain et pratiques d’écologie populaire.
Des rencontres avec des collectifs d’habitants et des associations ponctueront le semestre pour établir un diagnostic partagé de la manière d’habiter le quartier et une lecture critique commune du projet ANRU. Un arpentage du quartier à partir du sol permettra de se focaliser sur une situation habitée, un fragment (seuil, loggia, local associatif, hall d’immeuble, entrée d’école, lieu de pratique d’économie informelle, etc) qui sera relevé au 1/50 en binôme. Un premier projet plus ample sera fait à partir de ce fragment et des problématiques plus larges tirées : ville productive, place des enfants, lieux de sociabilisation en pied d’immeuble, etc.
Selon le niveau M1/M2, un projet plus important sera développé.
Les étudiants travailleront parallèlement à une stratégie collective sur l’ensemble du quartier partagé avec les associations et collectifs.
Le TD exploratoire sur les risques vise à approfondir les notions d’aléa, de vulnérabilité et d’enjeu, et à comprendre, de manière systémique, les interactions entre les différents types de risques — qu’ils soient naturels, anthropiques ou socio-politiques — propres aux territoires étudiés.
Il s’agira également d’expérimenter une série d’outils méthodologiques permettant d’alimenter l’ancrage territorial et de nourrir les démarches de projet : relevés situés, cartes sensibles, cercles de Stevenson, matrices croisées, etc.
Ces pratiques seront mises en regard d’apports théoriques issus de travaux en sciences sociales, en géographie critique et en philosophie de l’environnement, en dialogue avec un ensemble d’auteurs tel·les que Ulrich Beck (risques systémiques), Michel Agier (zones d’attente, gouvernement humanitaire), Bruno Latour (écologies politiques), ou Agnès Deboulet (vulnérabilités résidentielles, participation habitante).
Les analyses et projets du studio sont autant de connaissances partagées productrice de Commun. La participation aux Journées des Liens organisées par la Fabrique de Marseille permettra d’inscrire ces propositions alternatives aux projets ANRU dans une mobilisation collective à l’échelle de ce territoire.
Modalités détaillées
Modalités pédagogiques
Enquête de terrain
Entretiens, rencontre avec des association et collectifs Parcours commentés
Organisation d’ateliers avec des habitants organisés pour diagnostic partagé et propositions de projets communes Relevés de l’espace public, des usages, relevé habités Relevé du bâti, des pathologies (TD)
Outils propres à l’analyse des risques (Cercle de Stevenson, etc) (TD)
Élaboration de cartographie d’acteurs (TD) Production de stratégie collective
Production de projets individuel
Les compétences enfin d’enseignement
Organiser et restituer des ateliers participatifs avec des habitant·es
Élaborer des représentations sensibles et stratégiques d’un quartier
Proposer un projet architectural à différentes échelles (1/50 et 1/200)
Programmer un équipement ou une transformation à partir de besoins identifiés localement
Comprendre et croiser les différents types de risques propres au territoire étudié
Heures de travail personnel étudiant
Environ une journée par semaine en plus du studio. Des disponibilités en dehors des heures de studio peuvent être demandées en raison des liens établis sur le territoire (quelques vendredis ou samedis).
Modalités de l’évaluation
Contrôle continu, rendus intermédiaires, rendu final
Partenariats
La Fabrique de Marseille
Collectifs locaux (Amicale des locataires d’Air Bel, Systeme D, les 20 000 lieux, etc).