En bref

Problématiques

  • Prendre soin de l'existant

Format pédagogique

Intensif

Semestre

Automne

Objectifs

A la recherche du temps réel, de sa beauté cachée

« La fleur, la plante, l'arbre, la montagne sont debout, vivant dans un milieu. S'ils attirent un jour l'attention par une attitude véritablement rassurante et souveraine, c'est qu'ils apparaissent détachés dans leur contenu mais provoquant des résonances tout autour. Nous nous arrêtons, sensibles à tant de liaison naturelle: et nous regardons, émus par tant de concordance orchestrant tant d'espace; et nous mesurons alors que ce que nous regardons irradie » ….. « Prendre possession de l'espace est le geste premier des vivants, des hommes et des bêtes, des plantes et des nuages, manifestation fondamentale d'équilibre et de durée. La preuve première d'existence, c'est d'occuper l'espace ». 

Le Corbusier - l’espace indicible

Cet intensif questionne « notre société actuelle, qui met tant l’accent sur le visuel et le virtuel, l’esprit et le corps sont devenus des entités déconnectées. L’apparence physique définit notre identité sociale. La plastique est le centre de l’attention, alors que le corps humain, comme incarnation du savoir, n’est plus reconnu en tant que tel. C’est pourtant en mobilisant en permanence nos cinq sens que le corps devient notre propre outil de perception du monde, et c’est seulement par une unité de corps et d’esprit que l’acte de création peut avoir lieu. » (Juhani Pallasma)

 Ici nous tenterons de  prendre plaisir à développer une sensibilité corporelle et abstraite autour du projet ; d’expérimenter au-delà de la spatialité, la dimension tactile, la dimension poétique du «temps».

Nous tenterons d’essayer de prendre conscience du mouvement du corps comme un outil de perception et de sa mise en scène dans un espace réel afin de comprendre notre manière d’occuper l’espace et peut-être de le projeter.

Contenus

Le corps est polymorphe, complexe et antinomique (visible et non visible, sensible et mécanique, formel et informel, solide et fluide, opaque et poreux, concret et spirituel). Notre société décale ce corps, comme un corps délaissé au profit d’une technologie rassurante, indispensable et commerciale.

Ce corps est d’autant plus laissé de côté dans la conception du projet, dans la maitrise du temps, dans la création d’une atmosphère, d’un émerveillement.

La problématique sera de mettre en présence le corps, notre corps dans un espace dessiné, pensé. D’abord cela passera par des passages, par la marche puis par des arrêts plus ou moins rythmés, dansés dans le but d’éveiller et de comprendre :

  • Comprendre la mécanique du corps (équilibre, déséquilibre, rythme, mouvement…)
  • Comprendre les tensions entre le corps et les limites des espaces (sons, odeurs, réverbérations, chaleur, onde..)
  • Comprendre les résonnances entre l’esprit, la pensée et l’action du corps (regarder, faire, écouter, parler, réfléchir, comprendre, agir, interagir..)

Modalités détaillées

Modalités pédagogiques

Il s’agira à travers une expérience corporelle de terrain d’appréhender la constitution des qualités spatiales dans les transitions des pièces, des bâtiments ou de la ville. 

Les modalités de l'évaluation

L’étudiant dans une dynamique de groupe, une expérience partagée devra analyser et explorer une composition architecturale par le déplacement, par le mouvement, par le côté haptique et physique de son corps. Ce travail d’immersion et de confrontation à un espace réel reposera sur une série d’outils répétitifs dans la discipline architecturale : arpentage, observations, expérimentations, analyses, diagnostics,  mouvements, écoutes, échanges, allers-retours, manipulations, imaginations, convocations, intentions, synthétisations, interprétations, anticipations, formulations et réinterprétations.

Les travaux requis passeront par une analyse sensible et abstraite de l’espace analysé et par la production de figures, de schémas et de plans à la manière d’Aurélie Nemours ou de Trisha Brown et de story-boards à la manière de Robert Wilson qui permettront d’introduire un regard conceptuel sur la problématique développée.

Le dessin permettra de donner une forme au temps du plus complexe au plus abstrait. Il passera d’une forme multiple de par sa fonction, sa perception, son usage et son contexte à une forme plus pure, plus forte. La photographie, et le croquis quant à eux permettront d’exprimer les qualités d’espace et de temps dans les projets, par ses tensions, ses parcours et ses mouvements induits.