En bref

Problématiques

  • Spécificités des territoires et aléas

Format pédagogique

Studio de projet

Semestre

Automne

Équipe enseignante

Liens avec les autres enseignements

Arts plastiques • Sociologie • Anthropologie • Urbanisme • Paysagisme • Musique • Cinéma • Cuisine

Objectifs

Changer l’ordinaire
Comment définir “ordinaire”?
Est ordinaire : “ce qui est conforme à l’ordre établi, normal, courant ; habituel ; qui ne dépasse pas le niveau commun ; banal, quelconque, médiocre”(définition Larousse).
Partant de cette définition, si elle doit satisfaire le plus grand nombre pour exister, l’architecture doit être ordinaire.
Mais alors, comment élever le niveau de l’ordinaire pour prendre soin de celles et ceux qui le vivent ?
Comment créer les conditions de cette transformation?
Byzance s’est transformée en Constantinople et a inspiré Venise.
Les villages en pisé de l’Atlas, sortes de résurgences telluriques de la montagne, savaient se lover dans la lumière. Ceux de Grèce la caresse . Comment retrouver cette sensibilité ?
Rien n’est plus ordinaire que les bidonvilles, les slums, les favélas et pourtant ils fascinent par leur résilience et leur courage. Ce sont presque des architectures métaboliques.
Seule peut être Athènes, encore et toujours nous propose un ordinaire réussi dont on devrait s’inspirer. 
Alors comment permettre l’extraordinaire ou plutôt l’ordinaire merveilleux en architecture ? 
Comment déplacer l’ordinaire? Comment le transcender ou lui donner ce supplément “d’extra” ?
Pratiquer l’architecture est un acte noble : il est question de créer le cadre quotidien de tout le monde.
Celui dans lequel on vit, on aime, on crie, on pleure, on rit, on apprend et l’on rêve. C’est là une définition de
l’ordinaire.
Cela nous oblige, en tant qu’architectes, donc et sans échappatoire possible car à défaut, les conséquences sont là pour longtemps et laissent des stigmates sur le sol mais aussi dans le corps et l’esprit des gens .
Oui, cet ordinaire n’a eu de cesse de s’appauvrir. Pourquoi a-t-on cessé de construire des villes avec le souci de qualité, du soin et du savoir faire au profit de façade vidée de sens prétendument spectaculaire ?
La misère intellectuelle et constructive de ces lieux ne peut que participer à la misère morale de notre époque .
Pourtant, existe-t-il un acte plus merveilleux que de faire pénétrer une pensée artistique, c’est-à-dire libre,
exploratoire, transgressive dans l’ordinaire du quotidien des gens

Contenus

Comment faire juste et bien ? la recette :

  • 200g de comprendre
    comprendre le monde un peu, le regarder surtout, le sentir ensuite, comprendre le contexte immédiat de là où il faudra faire plutôt que de poser un caillou et de ne regarder que le caillou, regarder l’onde de choc que ce caillou provoque. Penser aux lacs et aux rivières.
  • 7 cuillères de graine de politique
    pas trop sinon ça écœure.
    Redonner sa noblesse au mot : politique vient de polis, la cité qui est un bien commun.
    Assurément, aussi longtemps que les architectes français ne se contenteront que de postures stylistiques et délaisseront la question politique (donc culturelle, économique, sociale, environnementale) ils se placeront à côté la question et verront leur rôle réduit à presque rien.
  • 4 litres d art, bien denses, bien fermes, non négociables, qu’il s’agisse d’art vivant pour envisager la
    scénographie de l’espace, de la musique pour comprendre l’occupation de celui ci, de la littérature pour partager la mise en récit et l’éloquence silencieuse des lieux, l’art graphique ou la sculpture pour pouvoir concrètement comprendre les
    notions de seuils, de sols, de privé, de public etc.
    et surtout de récits et de temps ...
    Il n’y a pas d’œuvre sans temps.
    Les architectes qui s’inspirent d’architecture n’inventent rien ; ils n’ont de fond culturel que celui de l’emprunt,
    ils ne prennent aucun risque et trouvent les réponses via les sites d’images bientôt exclusivement produites
    par l’IA avant même de se poser la première question.

Modalités détaillées

Modalités pédagogiques

  • Analyse du site
  • Recherches bibliographiques cinématographiques botaniques et tout ce qui fini en « iques »
  • Voyage pédestre, réfléchir en marchant ; ecotherapie 
  • Mot clés : ordinaire, modestie, usages, qualités, respects, durée, fierté 
  • à toutes les échelles du meuble à l’immeuble et au monde 
  • Prendre soin de l’ordinaire 
  • Rien de plus punk en somme

Les compétences (acquises en fin d’enseignement)

  • Savoir se poser les bonnes questions 
  • Faire sa propre auto critique 
  • Avoir l ambition de faire le plus possible
  • Être capable de problématiser
  • Apprendre le risque