Les logements Castors
Du laboratoire de l’habiter à l’utopie réalisée
- Journée d'études
Écologies de la recherche ou commencer par inviter l’existant
Le cycle Écologies de la recherche s’inscrit dans l’axe 2.6 du laboratoire INAMA (Espaces construits : fabriquer, transformer — Laboratoires d’un éco-habiter : architectures et communautés écologiques alternatives). Basé sur des rencontres d’une journée et s’appuyant sur les récits et témoignages de chercheurs, il propose de redonner corps aux espaces du réel dans lesquels les données de la recherche sont recueillies : espaces physiques, géographiques, territoires proches ou distants, qui s’arpentent en marge des formats académiques stabilisés.
En ouvrant un espace d’exploration dédié aux pratiques situées, les journées Écologies de la recherche interrogent les continuités, transmissions et reformulations possibles des expériences de laboratoires socio-spatiaux — auto-construction, auto-organisation, formes de vie communautaires choisies ou subies, temporaires ou durables.
L’une des ambitions du cycle est d’articuler, sous la forme « légère » de la rencontre, analyses socio-historiques, approches ethnographiques, dynamiques d’écriture et trajectoires de publication. Les trois journées proposées en 2026 reposent sur une interrogation commune : peut-on recentrer le terrain non seulement comme matériau empirique, mais comme témoin interagissant avec son observateur, capable de réintroduire dans la recherche une dimension critique ancrée, attentive aux usages, aux dispositifs et aux milieux ?
Pour explorer cette problématique, Écologies de la recherche mettra en travail la diversité des espaces interstitiels entre disciplines, ainsi que la richesse et la complémentarité des modes d’existence des savoirs.
Les logements Castors, du laboratoire de l’habiter à l’utopie réalisée
Consacrée aux constructions Castors de Saint-Etienne, cette journée propose de bénéficier des recherches de Michel Rautenberg, sociologue, Luc Péquet, anthropologue et Rachid Kaddour, géographe. Leurs travaux réévaluent les dynamiques de construction — voire d’auto-construction — de logements populaires, au prisme de l’histoire longue des coopérations habitantes. Leurs recherches, nourries d’ar-chives, d’observations et d’analyses territoriales, permettent d’interroger les modalités concrètes de l’habiter collectif et les formes de solidarité durables qui s’y tissent. La journée associera un temps de présentations et d’échanges à l’exploration de deux sites marseillais (La cité Castors La Dauphine, Les Castors de Servières), afin de mettre en regard spécificités territoriales et enjeux contemporains de l’éco-construire.
Programme
- 10H00 -13H00 : Visite de terrain
Lieu de RDV : arrêt du bus 31 devant l’IMVT Porte d’Aix ( Marseille), départ prévu à 10h10
Guidée par Nicolas Mémain, artiste, membre du Bureau des guides du GR2013.
- 14H30 -18H30 : Interventions, discussions, échanges
IMVT - Salle du conseil
Michel Rautenberg, sociologue, Université Jean Monnet - Saint Etienne
Luc Pecquet, anthropologue, ENSA Saint-Etienne
Rachid Kaddour, géographe, ENSA Saint-Etienne
Intervenants invités
Michel Rautenberg — sociologue, Pro-fesseur émérite, Université Jean Monnet (Saint-Étienne) Anthropologue urbain et sociologue, ses travaux portent sur le patrimoine culturel, les mé-moires collectives et les imaginaires sociaux. Il s’attache particulièrement à décrire les pratiques habitantes et les formes collectives d’auto-organisation en croisant ethnographie et analyse so-cio-historique des transformations des milieux construits.
Page institutionnelle
Bibliographie
Luc Pecquet — anthropologue, ensei-gnant-chercheur, maître de conférences SHS à l’École nationale supérieure d’architecture de Saint-Étienne. Membre de l’Institut des mondes africains (IMAF ; UMR 8171, CNRS, EHESS, EPHE, IRD, universités Aix-Marseille et Paris 1). Ses champs de recherche : territoire (milieu, environnement), habitat, espace, architecture de terre, divination, techniques et rituels, matières et matériaux. Auteur de nombreuses publications, directeur de rédaction (2011-2024) d’une revue scientifique, le Journal des africanistes. L’anthro-pologie de l’espace et celle des techniques et des matériaux constituent le fondement de ses enseignements. Sa démarche est à la croisée de la technologie culturelle et de l’anthropologie religieuse.
Rachid Kaddour — géographe, maître de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Saint-Étienne. Membre de l’unité de recherche Transformation(s). Ses recherches portent sur le devenir des héritages bâtis urbains des XIXe et XXe siècles, en particulier les processus de rénovation urbaine et de patrimonialisation. Sa thèse « Quand le grand ensemble devient patrimoine », préparée en CIFRE (convention industrielle de formation par la recherche) à l’Association des organismes d’HLM de Rhône-Alpes, a reçu le Prix spécial de la thèse sur le logement social en 2014, décerné par l’Union sociale pour l’habitat et la Caisse des dépôts et consignations.
Nicolas Mémain — artiste, membre du Bureau des guides du GR2013 et se définit volontiers comme « montreur d’ours en béton » : ses “ours”, ce sont les grands ensembles et architectures du XXe siècle qu’il fait parler à travers une création et un arpentage de sentiers urbains et périurbains. Cartographe et auteur du tracé emblématique du GR2013, il développe une forme de visite urbaine vive, documentée et joyeusement décalée. Il contribue au repérage des terrains Castor à Marseille, il est notre guide pour la visite du 5 mai 2026, organisée dans le cadre de ces Journées d’étude Ecologies de la recherche. (Bureau des guides du GR2013)